— J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne Aurélie Druart, Sara Imloul, Justine Joly, Laurette Le Gall, Victor Puš-Perchaud
peinture, dessin, photographie, installation, création sonore du 27 juin au 30 août 2026
de 14h à 18h30, du mercredi au dimanche & jours fériés vernissage vendredi 26 juin à 18h30
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On habite un lieu qui nous habite.
Le quotidien est un mode singulier de présence au monde et de perception du temps et des espaces. Il porte une pluralité de dimensions enchevêtrées, une intensité, déposée en nous par les êtres, animaux, objets, lumières : préparer les repas, observer l’influence des saisons sur les ombres, laisser entrer un courant d’air, un papillon, ramasser les miettes, s’asseoir sous l’escalier, empiler des bols… Parfois l’étrange prolonge l’ordinaire, l’imagination s’anime, dans des mises en scène singulières.
Les artistes invités, chacun à leur manière, transcendent le familier pour en dévoiler le potentiel narratif et poétique.
Valoriser le quotidien et l’intérieur des lieux qu’on habite, c’est donner à la dimension de l’intime et du privé la même importance qu’à toutes les dimensions sociales et politiques de notre présence au monde.
« IL Y A LE RIEN QUI PRECEDE LA FENETRE AVEC
LE PLANCHER LA TABLE QUI ARRIVE — IL
Y A L’ABSENCE QUI FAIT LE TOUR EN SURVOLANT
LES PENSEES — IL Y A LE CIEL ROUGE AVEC DES
OMBRES — C’EST LA. IL Y A L’ESPACE AVEC DES
TROUS DANS LES MAISONS ALLUMEES — IL Y A
TOUT CE QUE JE NE SAIS PAS DIRE DANS LA LUMIERE
ET QUI SE VOIT LA NUIT — IL Y A LE LONG EN
LARGE DANS LA MAISON — IL Y A LES DIRECTIONS
QUI ME CONCERNENT — IL Y A DES ETAGERES ET
DES RAYURES QUI PASSENT LE JOUR »Vianney Lacombe, Le soir la nuit le jour, 2018
« Faites l’inventaire de vos poches, de votre sac. Interrogez-vous sur la provenance, l’usage et le devenir de chacun des objets que vous en retirez.
Questionnez vos petites cuillers.
Qu’y a-t-il sous votre papier peint ? »Georges Perec, L’Infra-ordinaire, 1989
« Malgré la maison. Malgré sa structure persistante et compacte, ses serrures et ses embargos : le dehors est conçu de l’intérieur. Dans la surface établie des chambres, dans le labeur des solitudes, s’ouvre un espace tellement vaste où s’égarent les liens de cause à effet. »Anna Milani, Incantation pour nous toutes, 2021 visuel : Sara Imloul, Les onyx, Chez Moi, 2020
Laurette Le Gall a bénéficié de l’aide aux jeunes artistes plasticiens de la région Bretagne (2024)
Aurélie Druart a bénéficié de l’aide aux jeunes artistes plasticiens de la région Bretagne (2025)
merci à Jean-Luc Lagarce pour J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne télécharger le dossier de presse
— Les Soirs, en écho à l’exposition : — vendredi 24 juillet, 18h30 — performance d'Aurélie Druart(artiste plasticienne)
Aurélie Druart développe une pratique où mots, formes et corps composent des espaces de narration. Son travail s’intéresse aux zones de transition : le bord de la peinture, le bord de la scène, le seuil d’une pièce, comme lieux de bascule où le quotidien se déplace vers des récits improbables.
Tout commence par le dessin : une même forme composée de quelques lignes devient tantôt une boîte, tantôt une table ou une architecture, des lieux emboîtés qui se dédoublent suivant des logiques de perspective empruntées à l’iconographie médiévale.
Dans ses installations, elle joue avec les vides de l’espace et les pleins des volumes et des peintures. Une fois les éléments placés dans l’espace d’exposition, elle active le tout par la parole et par le corps. Le texte agit comme une présence. Il vient habiter le lieu et activer les images et les formes, transformant l’ensemble en scène fragmentaire et en poèmes visuels. Entre banalité du quotidien, calembours et léger désordre fantastique, la couleur est mise en volume, l’objet est mis en mouvement, le mot est mis en image.
Aux méandres, Aurélie Druart propose une traversée fictionnelle où la possibilité de quitter la Terre ouvre une réflexion sur nos manières d’habiter. Entre projection et préparation, se dessine un départ vers un ailleurs lointain et affleure un quotidien à réinventer. — vendredi 14 août, 18h30 — lectures de textes contemporains par Sophie Hoarau(comédienne, dès lors)
Sophie Hoarau développe depuis quelques années des lectures publiques : fenêtres entrouvertes sur des œuvres en cours de travail au théâtre, échos à des installations ou des expositions plastiques, rendez-vous poétiques singuliers, mains tendues à des publics éloignés du livre, à-côtés apéritifs d’un spectacle... dedans dehors, de bouche(s) à oreille(s), en fil conducteur ou en pointillés... la lecture publique est une entrée première et déjà pleine dans un texte.
« La poésie, matière première en premier lieu, de théâtre ou de sentier, à lire, à dire, à saisir, à figurer, et la rencontre des genres, des arts plastiques et des littératures, des objets et des costumes, des mots et des choses, du présent et du songe. »Sophie Hoarau
Ces soirées offrent la possibilité de conversations, favorisant l’attention, l’émotion, le partage du sensible. Ce sont des moments conviviaux que l’on prolonge autour d’un apéritif gourmand. Autour de l'exposition : — dimanche 19 juillet, de 10h30 à 17h — atelier d’écriture et de création artistique co-animé par Brigitte Mouchel(écrivain)et Irvi(carnettiste et collagiste)
Composer les mots, les émotions et les gestes au milieu des œuvres.
Pendant le temps d’écriture, la forme poétique est privilégiée parce qu’elle permet de jouer avec la norme, les mots, le langage. La langue de chacun porte des phrases inimaginables, inventives, émouvantes, capables d’exprimer des singularités et de faire dialoguer des mondes.
Pendant le temps de création plastique, nous explorerons quelques pistes en résonnance avec les œuvres présentes. Chercher son propre sentier en jouant avec des couleurs, des papiers, des gestes, des plis, des collages… — dimanche 16 août, de 9h30 à 12h30 — atelier d’écriture animé par Brigitte Mouchel(écrivain)
Trouver des écritures singulières pour dire, révéler, inventer le monde tel qu’il traverse et habite chacun ; travailler le langage dans un processus de création qui mêle liberté, prise de risques et exigence.
L’atelier participe ainsi à la construction de l’esprit critique et au goût renouvelé pour la littérature contemporaine.
Permettre une ouverture au monde et la reconnaissance pour chacun de sa singularité est un vecteur essentiel de dignité et d’émancipation.
Chaque atelier est pensé comme une aventure humaine et artistique qui favorise la curiosité, les capacités d’émerveillement, par l’expérimentation, le doute. Il s’agit d’inviter à des tentatives, respectueusement, en toute liberté.
Ces ateliers porteront sur le thème de la maison, du quotidien…
Après l’exposition, nous réaliserons un livret avec les textes écrits en ateliers.