Aurélie Druart développe une pratique où mots, formes et corps composent des espaces de narration. Son travail s’intéresse aux zones de transition : le bord de la peinture, le bord de la scène, le seuil d’une pièce, comme lieux de bascule où le quotidien se déplace vers des récits improbables.
Tout commence par le dessin : une même forme composée de quelques lignes devient tantôt une boîte, tantôt une table ou une architecture, des lieux emboîtés qui se dédoublent suivant des logiques de perspective empruntées à l’iconographie médiévale.
Dans ses installations, elle joue avec les vides de l’espace et les pleins des volumes et des peintures. Une fois les éléments placés dans l’espace d’exposition, elle active le tout par la parole et par le corps. Le texte agit comme une présence. Il vient habiter le lieu et activer les images et les formes, transformant l’ensemble en scène fragmentaire et en poèmes visuels. Entre banalité du quotidien, calembours et léger désordre fantastique, la couleur est mise en volume, l’objet est mis en mouvement, le mot est mis en image.
Aux
méandres, Aurélie Druart propose une traversée fictionnelle où la possibilité de quitter la Terre ouvre une réflexion sur nos manières d’habiter. Entre projection et préparation, se dessine un départ vers un ailleurs lointain et affleure un quotidien à réinventer.