À travers dessins, aquarelles, installations sonores, sculptures, Laurette Le Gall interroge l’interdépendance entre l’humain et son espace de vie. On habite un lieu qui nous habite. En récolter des fragments permet d’explorer l’entre-deux entre réalité et récits intérieurs, entre ce qui se montre et ce qui se dérobe. Parfois, dans ce qui fuit, l’écho de nos fragilités fait surface. Subrepticement.
Laurette Le Gall part d’images de l’intimité. Des images qui semblent n’avoir rien à dire. Des images où règne un calme apparent, un lieu où l’on vit, une vue sur un quotidien. Peut-on parler d’"émotionnalité" d’un lieu ? Quelle image a la vulnérabilité ? En regardant un lieu familier, ou faussement familier, on y dépose parfois un état d’être et l’on superpose alors une image mentale à l’image d’un coin de table, à la vue d’une fenêtre, à celle d’une arrière-cour.
Ses recherches prennent pour point de départ un lieu, ou le(s) récit(s) d’un lieu, autour duquel se développe une récolte de fragments de réel, qu’elle manipule, transforme, évoluant sans cesse dans un aller-retour entre fiction et réalité. La frontière entre l’une et l’autre lui semble ténue. C’est à cet endroit qu’elle aime se nicher, au croisement entre un espace, ceux qui l’habitent (au sens large du vivant) et les mythologies propres à leur friction.
Elle ouvre un espace narratif mobile à partir d’apparitions fragmentaires, fait émerger un territoire fictif de bribes d’images et de récit.
Les narrations personnelles qui émergent l’intéressent particulièrement, car c’est souvent à l’endroit de ce que l’on imagine être le plus individuel, le plus intime, que se niche un sentiment d’universel.