méandres

27 rue du Pouly, 29690 Huelgoat


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Rien d'inquiétant
Brigitte Mouchel & Julie Aybes
photographies, art vidéo, collages-dessins, textes poétiques, livres d'artiste

de 14h à 18h30
du 31 mars au 22 avril & du 19 mai au 16 septembre 2018
avril / mai / juin & septembre : les samedis, dimanches & jours fériés
juillet / août : tous les jours, sauf les mardis

inauguration gourmande en musique samedi 21 avril à 18h

les soirs, en écho à l’exposition :
— jeudi 19 juillet, 18h — dépaysements, lectures de textes, poésies et récits contemporains
— jeudi 9 août, 18h — bruissements, programme de créations sonores & radiophoniques

Cette exposition est une tentative de traduire, de manière poétique et fragile, quelque chose d’indéfinissable, d’intangible : on traverse un paysage, il sourd un sentiment connu.


(…) elle marche lentement, se tait, herbes — virer à gauche et continuer tout droit sur un chemin empierré vers l’est — cheminant au pied des roches pour arriver à une route — emprunter cette route à gauche jusqu’à l’entrée du village — l’endroit est lent, on marche sous l’horizon, herbes, tant de bêtes cachées crissent, frottent, faibles — tourner à gauche et traverser le village — un vieil homme sur le seuil, suivant du regard — cheminant le long du barrage, franchir le ruisseau, rejoindre l’aire de départ — longueur 15 km, durée 3h45, balisage jaune, des passages humides et boueux — difficultés — cherchant l’accès, on ne sait (…)
un bruit, elle n’est pas sûre
le chemin vers le désastre — elle n’est
les pas sur le chemin — un pas
et soudain — comme une guêpe qui entre dans la voiture (…)


C’est un paysage sauvage, quasi désert. Par son isolement, ses lumières et ses bruits particuliers, ses nuits, ses souffles, il suscite des émotions diverses, voire contradictoires : espace clos et ouvert, protégé et fragile, à l’écart des bruits du monde et au cœur de signaux et messages. Un paysage qui peut inciter au silence, au recueillement, à l’intime, au paisible, au repli ou encore à un certain malaise, une certaine fièvre, un sentiment d’étrangeté ou de perdition.
C’est un lieu propice à explorer la confusion des silences et des inquiétudes.

Errer un peu au hasard, s’imprégnant du lieu, à l’écoute, en alerte : les détails, éphémères, fragiles, et ce qu’on imagine, ce qu’on ressent, les connivences entre les lieux et les émotions… Flâner ainsi dans le monde, mais aussi dans sa propre vie, sa mémoire. Raconter un dépaysement, raconter son passage : ni miroir de soi, ni fenêtre sur le monde, écrire cet entre-deux, avec l’idée d’un partage, à la fois seul et présent, sorte de carnet de voyage singulier, subjectif et sensible du pays traversé.

Là, quelque chose d’inattendu peut arriver, arrive, s’imagine.

Questionner les paysages traversés en laissant la représentation distante, sans enjeu de consolation, ni de réconciliation, avec l’envie que cela reste inquiétant, sans simplification ni explications — il ne s’agit nullement de réaliser des documentaires. Chercher à enregistrer l’expérience du lieu — pas la chose elle-même, mais l’effet qu’elle produit : le sentiment d’étrangeté, une tendresse pour les choses imperceptibles, pauvres, humbles, les lieux et les histoires un peu bancales, « penchées ».

Proposer une expérience sensible : bruits et images captés — le vent, les herbes, les pierres, les pas sur les chemins… Texte poétique, images qui frémissent.

exposition réalisée suite à une résidence sur la ligne de crête (Monts d’Arrée)
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